
Contrairement aux idées reçues, se sur-assurer après 45 ans est une erreur stratégique. La clé n’est pas d’accumuler les couvertures, mais de maîtriser les règles du jeu pour cibler les risques financiers réels.
- Une simple omission dans le questionnaire de santé, même involontaire, peut entraîner l’annulation rétroactive de votre contrat par l’assureur.
- L’assurance complémentaire (LCA) relève du droit privé : l’assureur est libre de refuser votre adhésion ou de dicter ses propres règles de remboursement.
Recommandation : Avant de chercher à ajouter de nouvelles garanties, auditez vos contrats actuels à la lumière des pièges contractuels pour évaluer leur véritable valeur d’usage.
Passé 45 ans, un constat s’impose souvent. Alors que l’on se sent encore en pleine forme, de nouveaux besoins de santé émergent : une vue qui baisse et nécessite des lunettes, un dos qui grince et appelle un ostéopathe, ou simplement l’envie de maintenir sa condition physique via un abonnement de fitness. Rapidement, on réalise que l’assurance de base (LAMal), si protectrice pour les gros pépins, laisse un vide considérable pour tout ce qui relève de la prévention, du confort et des médecines alternatives. La réaction la plus courante est alors de se tourner vers le marché des assurances complémentaires (LCA), un univers dense et souvent opaque.
L’erreur classique est de céder aux sirènes du marketing en accumulant les couvertures : une assurance pour le dentaire, une autre pour la médecine douce, une troisième pour le fitness… On pense se protéger, mais on finit souvent par payer des primes élevées pour des prestations superflues ou soumises à des conditions restrictives. En tant que courtier indépendant, mon conseil est à contre-courant : la véritable intelligence financière en matière de LCA n’est pas d’ajouter des couches de garanties, mais de comprendre la logique du système pour s’en protéger.
Et si la question n’était pas « quelle couverture ajouter ? », mais plutôt « comment déjouer les pièges contractuels pour ne payer que ce qui est réellement indispensable et rentable ? ». Il s’agit de passer d’une posture de consommateur passif à celle d’un stratège averti. Cet article est conçu comme une feuille de route pour opérer cet arbitrage stratégique. Nous allons d’abord décortiquer les pièges les plus courants que les assureurs exploitent, puis identifier les garanties qui, après 45 ans, représentent un véritable investissement pour votre santé et votre portefeuille.
Cet article vous guidera à travers les mécanismes essentiels du système d’assurance complémentaire suisse. Vous découvrirez les points de vigilance cruciaux et les stratégies pour faire des choix éclairés, adaptés à vos besoins réels à ce tournant de votre vie.
Sommaire : Naviguer les complémentaires LCA en Suisse après 45 ans
- Pourquoi une simple omission dans le questionnaire médical peut annuler votre couverture LCA ?
- Assurance complémentaire vs assurance de base : qui décide vraiment des remboursements ?
- Comment résilier une complémentaire LCA sans perdre vos acquis (délai de 3 mois) ?
- L’erreur de résilier sa LCA avant d’avoir la confirmation écrite de la nouvelle caisse
- Quand regrouper les complémentaires de la famille pour obtenir un rabais collectif ?
- Pourquoi payer pour « le chef de clinique » est la vraie valeur ajoutée de la privée ?
- Orthodontie enfants : comment l’assurance dentaire peut sauver votre budget familial ?
- Ostéopathe et Dentiste : comment rentabiliser vos primes de médecine douce ?
Pourquoi une simple omission dans le questionnaire médical peut annuler votre couverture LCA ?
C’est sans doute le piège le plus brutal du système d’assurance complémentaire suisse : la réticence. Contrairement à la LAMal qui doit vous accepter sans condition, un assureur LCA a le droit d’annuler votre contrat, même des années après sa signature, s’il découvre que vous avez omis une information « importante » sur votre état de santé lors de votre demande. Et la notion « d’important » est définie par l’assureur, pas par vous. Une pathologie que vous jugiez bénigne, asymptomatique ou sans rapport peut être le prétexte à un refus de couverture au moment où vous en avez le plus besoin.
Le questionnaire de santé n’est donc pas une simple formalité. Il doit être rempli avec une rigueur absolue et une honnêteté totale. En cas de doute sur une ancienne blessure, une consultation passée ou un traitement suivi, il est préférable de le mentionner. Une déclaration complète peut au mieux n’avoir aucun impact, ou au pire entraîner une réserve sur une pathologie spécifique. Une omission, même involontaire, peut vous coûter l’intégralité de votre couverture. C’est une asymétrie de risque totale, où l’assuré porte toute la charge de la preuve et de la mémoire.
Étude de cas : l’hernie ombilicale qui annule un contrat
Dans un arrêt du 1er juin 2023 (4A_288/2022), le Tribunal fédéral a donné raison à un assureur qui résiliait le contrat d’un assuré pour réticence. Le motif ? L’assuré avait omis de déclarer une hernie ombilicale, qu’il considérait asymptomatique et sans importance. Le Tribunal a estimé que cette information constituait un « fait important » que l’assureur aurait dû connaître. Ce cas illustre parfaitement que la perception de l’assuré sur la gravité d’une pathologie n’a aucune valeur face à la logique contractuelle de la LCA. L’omission d’un fait, même jugé anodin, peut avoir des conséquences financières désastreuses.
La leçon est claire : le questionnaire de santé est l’acte fondateur de votre relation avec l’assureur LCA. Toute légèreté dans sa complétion est une bombe à retardement que l’assureur n’hésitera pas à faire exploser pour protéger ses intérêts. Prenez le temps de consulter votre dossier médical si nécessaire et ne laissez aucune place à l’ambiguïté.
Assurance complémentaire vs assurance de base : qui décide vraiment des remboursements ?
L’une des confusions les plus répandues chez les assurés suisses concerne la nature même de leur couverture. On pense souvent que l’assurance complémentaire est un simple « étage » ajouté à l’assurance de base, fonctionnant sur les mêmes principes. C’est une erreur fondamentale. La LAMal (base) et la LCA (complémentaire) obéissent à deux logiques juridiques et commerciales radicalement différentes. Comprendre cette distinction est la clé pour éviter les mauvaises surprises et les refus de remboursement.
La LAMal est régie par le droit public. Elle a une mission sociale : garantir l’accès aux soins pour tous. Les prestations sont définies par la loi et sont identiques pour tous les assurés, quelle que soit leur caisse. L’assureur n’est ici qu’un gestionnaire administratif. À l’inverse, la LCA est régie par le droit privé et la Loi sur le Contrat d’Assurance. Il s’agit d’un contrat commercial entre vous et une entreprise. L’assureur est libre de définir ses propres règles, ses propres tarifs et, surtout, ses propres conditions de remboursement. Ce ne sont pas les besoins de l’assuré qui priment, mais les termes du contrat.
Le document qui fait foi n’est pas une loi fédérale, mais vos Conditions Générales d’Assurance (CGA). C’est ce texte, et uniquement ce texte, qui détermine si votre séance d’ostéopathie, vos nouvelles lunettes ou votre traitement dentaire seront pris en charge. Qui décide vraiment des remboursements en LCA ? La réponse est simple : le service juridique de votre assureur, sur la base du contrat que vous avez signé.
Le tableau suivant synthétise les différences fondamentales entre ces deux mondes, une distinction essentielle pour tout assuré souhaitant naviguer le système avec clairvoyance. Il s’appuie sur la distinction claire faite par les autorités fédérales, comme le montre une analyse comparative disponible sur le site de l’OFSP.
| Critère | Assurance de base (LAMal) | Assurance complémentaire (LCA) |
|---|---|---|
| Nature juridique | Droit public fédéral, obligation d’admission | Droit privé contractuel, liberté contractuelle de l’assureur |
| Admission | Obligatoire pour toute personne domiciliée en Suisse | Facultative, l’assureur peut refuser ou émettre des réserves |
| Base des décisions | Loi et prestations identiques pour tous les assurés | Conditions Générales d’Assurance (CGA) propres à chaque contrat |
| Recours en cas de litige | Décision formelle avec opposition possible | Médiateur de l’assurance-maladie ou voie civile selon les CGA |
Cette logique de droit privé implique que chaque mot compte. Une prestation « couverte » peut l’être « jusqu’à un certain plafond », « sur prescription médicale », « auprès d’un thérapeute agréé » ou « après épuisement de la franchise ». Ne présumez jamais de rien : vérifiez toujours les CGA avant d’engager une dépense.
Comment résilier une complémentaire LCA sans perdre vos acquis (délai de 3 mois) ?
Changer d’assurance complémentaire n’est pas aussi simple que de changer d’opérateur téléphonique. La procédure est encadrée par des règles strictes qu’il est impératif de respecter pour ne pas se retrouver sans couverture ou, pire, à payer deux primes simultanément. La règle d’or concerne le délai de résiliation. Pour la grande majorité des contrats LCA en Suisse, la résiliation doit être envoyée pour parvenir à l’assureur avant la fin du mois de septembre.
En effet, la plupart des contrats courent sur une année civile (du 1er janvier au 31 décembre) et prévoient un préavis de trois mois. Oublier cette échéance signifie que votre contrat est reconduit tacitement pour une année supplémentaire. Il est donc crucial de marquer la date du 30 septembre en rouge dans votre agenda. Une étude des pratiques du marché confirme que le délai standard de résiliation d’une complémentaire LCA est généralement fixé à 3 mois avant le 31 décembre, soit le 30 septembre.
Attention, contrairement à d’autres démarches administratives, le cachet de la poste ne fait pas foi. C’est la date de réception de votre courrier par la caisse qui est déterminante. L’envoi par courrier recommandé est donc non négociable. C’est votre seule preuve irréfutable que la démarche a été effectuée dans les temps. Une résiliation par email ou par téléphone n’a aucune valeur juridique. Seule une lettre signée, envoyée en recommandé, vous protège.
Résilier correctement est une procédure méthodique. Chaque étape doit être respectée pour garantir la validité de votre démarche et assurer une transition en douceur vers votre nouvelle couverture, sans interruption ni mauvaise surprise.
Votre plan d’action pour une résiliation LCA sans faille
- Analyse du contrat : Repérez précisément dans vos Conditions Générales d’Assurance (CGA) la date d’échéance et le délai de préavis exacts. Ne vous fiez pas à la « règle générale ».
- Rédaction formelle : Préparez une lettre de résiliation claire, mentionnant vos nom, prénom, numéro d’assuré, et la ou les couvertures LCA que vous souhaitez explicitement résilier.
- Signature manuscrite : Assurez-vous que le document est bien signé. Une lettre non signée est considérée comme nulle et non avenue par l’assureur.
- Envoi sécurisé : Envoyez votre lettre exclusivement par courrier recommandé. Conservez précieusement le récépissé de la poste comme preuve de votre envoi.
- Confirmation : Attendez de recevoir une confirmation écrite de la part de votre (ancienne) caisse. Sans ce document, ne considérez pas la résiliation comme acquise.
Il existe des exceptions, comme le droit de résilier hors délai en cas d’augmentation de prime, mais la procédure standard reste la plus sûre. La rigueur administrative est votre meilleure alliée dans ce processus.
L’erreur de résilier sa LCA avant d’avoir la confirmation écrite de la nouvelle caisse
Voici l’erreur la plus coûteuse et la plus angoissante que l’on puisse commettre en matière d’assurances complémentaires : résilier son ancien contrat avant d’avoir obtenu une admission ferme et définitive auprès du nouvel assureur. C’est une faute de débutant qui peut avoir des conséquences dramatiques, surtout après 45 ans, lorsque le risque d’avoir des « petits » soucis de santé augmente.
Il faut marteler ce principe : contrairement à l’assurance de base, il n’existe aucune obligation d’admission en assurance complémentaire. Un nouvel assureur a tout à fait le droit de refuser votre demande, de l’accepter en émettant des réserves (par exemple, exclure la couverture pour votre dos ou vos genoux) ou de proposer une surprime si votre état de santé ne correspond pas à ses critères de risque. Si vous avez déjà résilié votre ancien contrat, vous vous retrouvez alors dans une situation critique : soit sans couverture du tout, soit avec une couverture dégradée, et il est souvent impossible de faire marche arrière auprès de votre ancien assureur.
La règle est donc d’une simplicité biblique : ne JAMAIS envoyer la lettre de résiliation tant que vous n’avez pas en main le document officiel de votre nouvelle caisse confirmant votre admission sans réserve. Une simple « proposition » ou une « offre » ne suffit pas. Il vous faut la police d’assurance ou une attestation d’admission en bonne et due forme. Cette prudence est un principe de base martelé par tous les conseillers sérieux.
Le processus doit donc se dérouler dans un ordre précis pour garantir votre sécurité. Voici les précautions à prendre pour éviter de tomber dans ce piège :
- Soumettez votre demande d’adhésion à la nouvelle caisse-maladie bien en amont de l’échéance de résiliation (idéalement en été).
- Remplissez le questionnaire de santé avec une honnêteté et une précision absolues pour éviter un futur litige pour réticence.
- Attendez la réponse officielle de la nouvelle caisse. Lisez-la attentivement. S’agit-il d’une admission « sans réserve » ? Y a-t-il des exclusions mentionnées ?
- Prenez votre décision. Si l’admission est pleine et entière, vous pouvez passer à l’étape suivante. Si des réserves sont émises, évaluez si le changement reste avantageux. Parfois, il vaut mieux rester chez son ancien assureur.
- Envoyez la lettre de résiliation (en recommandé !) à votre ancienne caisse uniquement après avoir sécurisé votre nouveau contrat.
Agir dans le désordre est le plus court chemin vers une perte de couverture. La patience et la méthode sont vos meilleurs atouts.
Quand regrouper les complémentaires de la famille pour obtenir un rabais collectif ?
L’idée de regrouper toutes les assurances complémentaires de la famille auprès d’un seul et même assureur pour bénéficier d’un « rabais famille » est une proposition marketing séduisante. Cependant, en tant que courtier critique, mon devoir est de vous mettre en garde : cette stratégie est rarement la plus judicieuse sur le long terme, et les économies promises sont souvent un miroir aux alouettes.
Certes, certains assureurs proposent un petit pourcentage de réduction (souvent de l’ordre de 5% à 10%) si plusieurs membres de la même famille souscrivent leurs LCA au même endroit. Sur le papier, c’est une économie. Mais cette approche présente deux inconvénients majeurs qui, à mon sens, l’emportent sur ce modeste avantage. Premièrement, elle ignore le fait que les besoins en assurance sont individuels. Votre conjoint n’a pas les mêmes besoins que vous, et vos enfants (surtout en matière d’orthodontie) ont des besoins encore différents. Une offre « tout-en-un » est par définition un compromis qui ne sera optimal pour personne.
Deuxièmement, et c’est le point le plus critique, le regroupement crée une inertie dangereuse. Il lie le sort de toute la famille à un seul contrat et un seul assureur. Si, dans quelques années, un membre de la famille développe une pathologie qui le rend « inassurable » ailleurs, toute la famille se retrouve piégée. Il devient impossible de changer d’assureur pour les autres membres sans perdre le « rabais collectif » et sans risquer de ne pas retrouver de couverture pour la personne malade. Vous perdez toute flexibilité et tout pouvoir de négociation.
L’arbitrage stratégique est donc le suivant : faut-il privilégier un petit rabais immédiat ou une flexibilité à long terme ? Mon conseil est sans équivoque. Après 45 ans, la flexibilité et la capacité à adapter chaque contrat à des besoins spécifiques sont bien plus précieuses. Il est souvent plus avantageux de chercher le meilleur contrat pour chaque individu, même si cela implique de traiter avec deux ou trois assureurs différents. La somme des primes de contrats optimisés individuellement est fréquemment inférieure à celle d’un contrat familial « moyen » pour tout le monde. Ne sacrifiez pas la pertinence de vos couvertures sur l’autel d’un rabais collectif souvent dérisoire.
Pourquoi payer pour « le chef de clinique » est la vraie valeur ajoutée de la privée ?
Lorsqu’on évoque l’assurance complémentaire d’hospitalisation en division privée ou semi-privée, l’image qui vient à l’esprit est souvent celle du confort : chambre individuelle, menu à la carte, horaires de visite flexibles. Ces éléments, bien qu’agréables, ne sont que la partie visible et anecdotique de l’iceberg. La véritable valeur, celle qui justifie la prime souvent élevée de cette couverture, est d’ordre purement médical : le libre choix du médecin et l’accès direct au spécialiste le plus expérimenté.
En division commune (la base couverte par la LAMal), vous êtes soigné par le médecin de service disponible au moment de votre admission. Il s’agit souvent d’un médecin assistant, compétent mais en formation. En cas d’intervention chirurgicale complexe, vous serez bien sûr opéré par un chirurgien qualifié, mais vous n’aurez pas votre mot à dire sur son identité. L’hôpital décide pour vous.
La complémentaire « privée » ou « semi-privée » change radicalement la donne. Elle vous donne le droit de choisir le chirurgien qui va vous opérer. Vous pouvez sélectionner le chef de clinique, le professeur, la sommité reconnue dans son domaine pour la pathologie qui vous concerne. Pour une opération bénigne, la différence est minime. Mais pour une prothèse de hanche, une chirurgie cardiaque ou une intervention neurologique, la différence d’expérience entre un médecin assistant et un chef de service avec 20 ans de pratique peut avoir un impact significatif sur le résultat de l’opération et le temps de récupération.
Après 45 ans, la probabilité de devoir faire face à une hospitalisation avec intervention chirurgicale augmente statistiquement. Payer pour une complémentaire d’hospitalisation, ce n’est donc pas payer pour une chambre plus jolie. C’est acheter une police d’assurance sur la qualité de l’acte médical lui-même. C’est s’offrir la tranquillité d’esprit de savoir que si le pire arrive, vous serez pris en charge par la personne la plus compétente disponible, et non par le médecin de garde par défaut. C’est un arbitrage qui mérite une sérieuse réflexion.
Orthodontie enfants : comment l’assurance dentaire peut sauver votre budget familial ?
Si vous avez des enfants approchant de l’adolescence, un poste de dépense majeur se profile à l’horizon : l’orthodontie. En Suisse, les traitements pour corriger l’alignement des dents ne sont quasiment jamais pris en charge par l’assurance de base LAMal. Et les montants peuvent rapidement devenir vertigineux, se chiffrant en milliers, voire en dizaines de milliers de francs par enfant. En effet, les statistiques montrent qu’en Suisse, plus de la moitié des enfants présentent une malposition dentaire nécessitant un traitement. C’est ici qu’une assurance dentaire complémentaire, souscrite au bon moment, peut littéralement sauver votre budget familial.
Le piège principal avec l’assurance orthodontie est le timing. Il est absolument impératif de souscrire la couverture bien avant le premier diagnostic. Si vous attendez que l’orthodontiste ait posé son devis pour chercher une assurance, il sera trop tard. L’assureur invoquera une condition préexistante et refusera la couverture, ou appliquera une réserve. De plus, la plupart des contrats imposent un délai de carence de 6 à 12 mois, durant lequel aucune prestation n’est remboursée. La stratégie gagnante consiste donc à anticiper et à assurer ses enfants jeunes, autour de 6-8 ans, bien avant que le besoin ne soit avéré.
Il faut également être réaliste sur le niveau de couverture. Aucune assurance ne couvrira 100% des frais. Le reste à charge peut être important, mais une bonne complémentaire peut diviser la facture par deux ou plus. Il est crucial de comparer non seulement la prime, mais surtout le plafond annuel de remboursement pour les traitements d’orthodontie.
Le tableau ci-dessous, inspiré d’une analyse des coûts en Suisse, illustre l’impact du choix de la couverture sur le budget familial.
| Critère | Offre A (plafond bas) | Offre B (plafond élevé) |
|---|---|---|
| Plafond annuel orthodontie | Environ 1’000 CHF/an | Jusqu’à 10’000 CHF/an |
| Adéquation traitement lourd | Insuffisant pour un traitement complet | Couvre une part significative du traitement |
| Reste à charge estimé | Très élevé sur la durée du traitement | Réduit mais jamais nul |
Le bon timing est donc la clé du succès. Pour ne pas vous tromper, voici les étapes à suivre :
- Souscrire la complémentaire dentaire bien avant le premier bilan orthodontique.
- Anticiper le délai de carence (souvent 6-12 mois) avant que les soins ne débutent.
- Comparer les taux de prise en charge et les plafonds annuels, car une part importante (souvent 20 à 50%) reste à charge.
- Viser une souscription autour de 6-8 ans, âge des premiers contrôles orthodontiques.
À retenir
- Le questionnaire de santé est un acte juridique : chaque information, même jugée anodine, doit être déclarée pour éviter un risque d’annulation de contrat pour réticence.
- Ne résiliez jamais avant d’être accepté : la règle d’or est d’attendre la confirmation d’admission écrite et sans réserve de la nouvelle caisse avant de mettre fin à votre ancien contrat LCA.
- La valeur d’une LCA n’est pas dans l’accumulation : elle réside dans des choix stratégiques ciblés, comme l’accès à un spécialiste en division privée ou l’anticipation des frais d’orthodontie pour les enfants.
Ostéopathe et Dentiste : comment rentabiliser vos primes de médecine douce ?
Après 45 ans, les « petits » maux deviennent des compagnons plus réguliers. Un dos qui se bloque, des tensions cervicales, la nécessité de contrôles dentaires plus fréquents… C’est souvent pour couvrir ces frais que l’on souscrit une complémentaire « médecine alternative » ou « ambulatoire ». Cependant, payer la prime ne suffit pas. Pour que cette couverture soit un bon investissement et non une dépense nette, il faut adopter une démarche active pour la « rentabiliser ».
La première étape consiste à connaître précisément les règles du jeu de votre contrat. Quelles sont les thérapies couvertes (ostéopathie, acupuncture, chiropraxie…) ? Quel est le pourcentage de prise en charge par séance (souvent 75% ou 80%) ? Et surtout, quel est le plafond de remboursement annuel (par exemple, 1’000 CHF par an) ? Beaucoup d’assurés paient pour une couverture qu’ils sous-utilisent, ne profitant que de 200 ou 300 CHF de remboursement sur un potentiel de 1’000 CHF.
La deuxième étape est de s’assurer que votre thérapeute est reconnu par votre caisse. En Suisse, la plupart des assureurs se basent sur les listes de thérapeutes agréés par des organismes comme le RME (Registre de Médecine Empirique) ou l’ASCA (Fondation suisse pour les médecines complémentaires). Consulter un ostéopathe, aussi brillant soit-il, qui n’est pas sur ces listes, signifie que vous paierez 100% de la facture de votre poche. Avant de prendre rendez-vous, vérifiez systématiquement l’agrément de votre praticien sur le site de votre assureur.
Enfin, rentabiliser sa prime signifie utiliser sa couverture de manière préventive. N’attendez pas d’être complètement bloqué pour consulter. Utilisez vos séances d’ostéopathie ou de massage médical en entretien, tout au long de l’année. Planifiez vos détartrages et contrôles dentaires pour maximiser les remboursements dans le cadre de votre plafond annuel. En somme, considérez votre complémentaire non pas comme une assurance en cas de pépin, mais comme un budget santé prépayé que vous avez intérêt à utiliser intelligemment pour maintenir votre bien-être. C’est à cette condition que la prime que vous versez chaque mois se transforme en un véritable investissement pour votre qualité de vie.
Prenez le temps d’auditer vos contrats actuels avec ce nouveau regard critique. C’est la première étape indispensable pour optimiser votre couverture et votre budget santé pour les décennies à venir, en vous assurant que chaque franc de prime est dépensé judicieusement.
Questions fréquentes sur les assurances complémentaires LCA en Suisse
Que faire si la question posée dans le formulaire de santé était vague ou ambiguë ?
Le Tribunal fédéral exige que les questions de l’assureur soient précises et non équivoques. Si la formulation prêtait à confusion, l’assureur ne peut pas vous reprocher une réticence et vous pouvez contester le refus de couverture.
L’assurance de base (LAMal) peut-elle invoquer la réticence ?
Non. L’assurance-maladie de base est obligatoire et fonctionne sous le principe de l’acceptation inconditionnelle. La notion de réticence ne s’applique qu’aux assurances complémentaires privées soumises à la LCA.
Quel délai l’assureur a-t-il pour résilier un contrat après avoir découvert une réticence ?
Selon l’article 6 LCA, l’assureur doit agir dans un délai strict de quatre semaines à compter du jour où il a acquis la certitude de la fausse déclaration. Passé ce délai, son droit s’éteint et il doit couvrir le sinistre.
Que faire en cas de désaccord avec le médecin-conseil ou l’assureur sur un remboursement LCA ?
Vous pouvez contacter l’Office de médiation de l’assurance-maladie. Cet organisme gratuit conseille et joue un rôle d’intermédiaire en cas de litige entre l’assuré et son assurance-maladie, y compris pour les complémentaires.
Le cachet de la poste fait-il foi pour valider ma résiliation ?
Non, le cachet de la poste ne fait pas foi. C’est bien la date à laquelle la lettre est parvenue entre les mains de l’assureur qui compte, et celle-ci doit généralement être avant la fin du délai de préavis (souvent le 30 septembre).